06/02/2067 : Nos karakuri modernes

Olivier Parent Commentaires fermés sur 06/02/2067 : Nos karakuri modernes
06/02/2067 : Nos karakuri modernes

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En Occident, le robot autonome a longtemps semblé une réalité lointaine… et ce, même notre XXIe siècle bien entamé !

Les signes objectifs du raz-de-marée robotique étaient sous les yeux des jeunes adultes qui sont aujourd’hui nos grands-parents, mais le robot anthropomorphe dérangeait étrangement l’esprit occidental, entre autre, à cause de la concurrence qui aurait pu naître avec l’humain, dans le monde du travail. Les japonais et le monde asiatique en général n’ont jamais perçu ce risque. Au Japon, le shintoïsme ne fait pas de distinction entre vivant et inanimé dans la distribution du kami, notion de la présence des forces vitales dans la nature. Culturellement, l’inanimé animé a toujours été très bien ancré au Japon : dès le XVIIe siècle, les karakuri, des automates très perfectionnés, étaient à la mode. Ceci explique en partie comment l’Occident a perdu la guerre commerciale de la robotique…

Et pourtant, le robot avait tout pour trouver sa place économique dans les entreprises occidentales, ne serait-ce que par la biais de la collaboration, afin de ménager nos sensibilités. Dans le milieu des travaux publics, on vit bien apparaître des outils assistés – dits collaboratifs – qui allégèrent les tâches les plus lourdes pour l’humain… Dans le même esprit, et pour le plus grand bien de nos concitoyens qui en bénéficièrent, l’antique fauteuil roulant vécu ses dernières années, dès le début des années 20. En effet, les développements à destination de l’armement trouvèrent une nouvelle fois un débouché vers le marché grand public avec la déclinaison civile des exosquelettes imaginés pour assister le soldat en terrain hostile, l’un d’eux, prototype du genre s’appelait Hercule, un projet français développé pour la DGA, autour de 2010. Ne manquaient à ses technologies que les dernières avancées en terme de stockage d’énergie pour être définitivement fonctionnels.

Pourtant, en quelques années, ces machines collaboratives, devenues civiles, devinrent les « meilleurs amis » des personnes à mobilités réduite, qu’elle soit handicapées, personnes âgées ou personnes temporairement entravées dans leurs mouvements suite à un accident, une opération chirurgicale… ces matériels médicaux, ces exosquelettes surent aussi bien faire marcher à nouveau un paraplégique, que faire passer une personne, peu importe sa corpulence, de la station couchée à la station debout… Des machine qui, au gré des activités du jour, savent désormais être fauteuil ou assistants de vie, dans les gestes simple du quotidien comme les plus intimes, ne serait-ce que pour la toilette. Des machines qui redonnent de l’indépendance pour, tout simplement, aller se promener en ville, faire ses courses… Mais trop peu d’entre elles sont, hélas, fabriquées sous nos latitudes.

Cependant, aujourd’hui, être handicapé n’est plus synonyme de maladie, d’entrave au quotidien mais permet l’accès à ce que la technologie fait de meilleur, au plus grand dam du valide…

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