07/11/2066 : Le robot du curé n’était pas en odeur de sainteté

Jean Gennaro Commentaires fermés sur 07/11/2066 : Le robot du curé n’était pas en odeur de sainteté
07/11/2066 : Le robot du curé n’était pas en odeur de sainteté

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Le fameux et très controversé curé de Millau, à la fois prêtre et créateur de robots humanoïdes, a trouvé une réponse pour le moins originale à la crise des vocations qui touche autant les domaines du religieux que ceux du bénévolat. Celle-ci menace l’existence même de l’église catholique en cette seconde moitié de vingt-et-unième siècle.

En effet, ce prêtre avait décidé, pour pouvoir faire face aux multiples services qu’il doit assurer dans sa paroisse, de se faire seconder par Frère Isaïe, notamment pour assurer le ménage, lire des psaumes et faire la quête en passant dans les travées. Frère Isaïe est le plus étrange des bedeaux : c’est un robot imitateur à qui ce prêtre génial a prêté ses traits, avec l’aide de son ami Esteban, sculpteur sur cire à la retraite qui œuvra jadis au Musée Grévin. A la façon du génial professeur Hirushi Ishiguro qui, dans les années 10, avait créé son cyberdouble, le curé de Millau avait ainsi remplacé par un humanoïde affublé d’un masque à son image et très performant, aussi bien la bonne du curé que le fidèle assistant des offices, deux fonctions en voie d’extinction.

Certains fidèles s’étant émus de la présence, selon eux déplacée, d’un androïde “même pas baptisé” dans une église, l’épiscopat embarrassé a rappelé à l’ordre son prêtre inventeur, déclarant que cette intrusion d’un moine-robot dans les affaires religieuses constituait un précédent intolérable. Le brave curé a plaidé la bonne foi, arguant que Frère Isaïe ayant été conçu par une créature du Seigneur, en était par conséquent une aussi. « Vous prenez-vous donc pour Dieu ? » s’est emporté son évêque de tutelle excédé. Et la sanction est tombée : l’androïde Isaïe a été chassé hors du Temple avec son créateur accusé de désacraliser les lieux saints.

Désormais, le curé défroqué peut se consacrer à temps plein à ses peu chrétiennes créatures au cœur de la Silicon Valley. Dieu merci, l’ordination d’un robot-prêtre, ce n’est pas encore pour demain !

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