Intelligence artificielle versus Humanité : un combat évitable ? | Nekomix #05 | 18/03/2069

Olivier Parent 5
Intelligence artificielle versus Humanité : un combat évitable ? | Nekomix #05 | 18/03/2069

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Olivier a été invité par la rédaction de Nekomix (www.nekomix.com) à analyser les scénario des BD du numéro 10 du fanzine. Il en a résulté la production de 9 textes de journalisme prospectiviste, tous illustrés avec talents.

Ces textes essayent de traiter des questions et des njeux autour de la transmission de la connaissance à l’épreuve du temps long, de certaines étapes vers la conquête de l’espace et les voyages dans le système solaire, de la virtualité, des prothèses biomécaniques, l’usages que l’on pourrait faire des déchets que produisent l’humanité, l'(in)évitable concurrence entre humains et IA, notre rapport à la réalité au travers des outils que nous offre la technologie et le choc de la physique quantique…

Bon voyage dans ce cinquième texte et merci à Grégoire Bonne (grigou.canalblog.com) pour son merveilleux travail !

 


 

 

On a évité l’asservissement annoncé de l’humanité par les machines pensantes. Cependant, ces mêmes IA continuent à inviter nos sociétés à poser des choix qui orienteront le développement de la robotique qui est aussi bien une science fondamentale, une technologie qui ne cesse de se réinventer et un marché en perpétuelle évolution.

On peut commencer par s’interroger sur le mode de fonctionnement des machines. Encore aujourd’hui, trop peu d’IA ont inscrit dans leur code la prise de conscience qui s’est inscrite dans l’esprit de l’humanité : la Terre est un système clôt, aux ressources limitées. Donc, tout développement doit en tenir compte bien que les IA continuent à fonctionner sans conscience de l’énergie qu’elles dépensent pour accomplir une tâche, ce qui, dans un organisme biologique, se manifeste par la fatigue à l’effort. Les IA augmentées de cette conscience environnementale ne deviendraient-elles pas les meilleures alliées pour accompagner l’humanité dans les efforts qui restent à être accompli pour finir de résoudre les dérèglements climatiques ?

On peut continuer par s’interroger sur la forme et les moyens avec lesquels les IA interagissent avec l’humanité. Ainsi, la robotique doit-elle être invisible, intégrée aux objets de notre quotidien ou bien d’apparence plus ou moins humaine, anthropomorphe ? La robotique dotée d’un corps a l’avantage d’inciter l’humanité à ne pas oublier qu’elle s’est créée des « assistants de vie » très puissants. La robotique anthropomorphique permet aussi à ces machines d’utiliser l’ensemble des systèmes et installations conçues pour les humains. Les pompiers, les soldats, les infirmières et tant d’autres connaissent tous les avantages de ce type de machines. Mais le robot anthropomorphe entre aussi dans la maison, sous la forme de jouets. Il lui arrive même de suppléer à l’absence des parents, pris par leur travail. Et le robot devient nounou… combien de temps pourra-t-on alors demander à l’enfant qui aura été “éduqué” par cette machine de ne voir en elle qu’un objet ?

Cette dernière interrogation en appelle une autre qui doit traiter du statut légal des IA. Qu’elles soient intégrées aux murs de nos maisons, sur nos lieux de travail et partout en ville ou plus ou moins anthropomorphes, les IA doivent-elles être contraintes à un cobotique, une robotique collaborative d’assistance à l’humanité ou bien doit-on aller jusqu’à la reconnaissance des IA comme personnes morales ? Les défenseurs des droits des robots voient dans la cobotique une forme d’esclavage des IA. Les cobots, ces machines bridées, subissent des violences inacceptables aux yeux des partisans pro-robots : l’humanité les privent de leur liberté. Dans ce cas, les IA doivent-elles être considérées comme une seule et même personne morale conscience, à moins que chaque robot puisse revendiquer sa propre autonomie ? l’humain, par sa nature biologique, est de manière indissociable corps et conscience qui font la personne… Comment faire avec des IA qui peuvent ne pas être liées à un seul lieu, à un seul support physique ? Comment faire dire, en conscience, à une machine “je suis” ?

Finalement, en s’interrogeant sur les IA, ces nouveaux colocataires de la Terre, l’humanité se pose surtout des questions sur elle-même : qu’est-ce que l’humanité, au XXIIe siècle ?

 

 


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