Commercialisation d’un dispositif pour « entrer dans les fictions » | 17/02/2071

Lorenzo Soccavo Commentaires fermés sur Commercialisation d’un dispositif pour « entrer dans les fictions » | 17/02/2071
Commercialisation d’un dispositif pour « entrer dans les fictions » | 17/02/2071

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Pour la célébration des 100 ans de la naissance de son fondateur Elon Musk, NSR NeuroSpaceReader a annoncé la commercialisation prochaine de son dispositif eyes-book.

NeuroSpaceReader est née en janvier 2050 d’un think tank sur l’immersion fictionnelle issu du rapprochement spontané de plusieurs membres des cellules de veille stratégique des sociétés SpaceX et Neuralink lorsqu’ils ont réalisé que les personnages de fictions littéraires, ayant bénéficié des rapides avancées de l’intelligence artificielle, étaient devenus des interlocuteurs naturels pour de plus en plus de personnes, et que les mondes imaginaires émergents des fictions pouvaient être considérés comme des territoires à part entière.
Rappelons que SpaceX, créée en 2002, était spécialisée dans l’astronautique et les vols spatiaux habités, et Neuralink, fondée en 2016, dans le développement d’implants cérébraux et d’interfaces neuronales dans le but de faire communiquer, voire de fusionner, intelligences humaine et artificielle.
A partir de 2030 de premières machines à voyager dans les livres avaient déjà été expérimentées. Il s’agissait de dispositifs volumineux et coûteux rappelant des caissons d’isolation sensorielle dont la partie intérieure supérieure, au niveau de la tête de l’utilisateur était équipée d’un écran à encre électronique et d’un dispositif d’eye tracking. Rares furent les établissements qui s’équipèrent de ces machines qui rappelaient trop les caissons de cryogénisation.
La difficulté à s’émanciper des limites mentales de la surface rectangulaire de la page fut longtemps un obstacle. Dans les millénaires passés les tablettes d’argile, puis les rouleaux de papyrus et les codex étaient radicalement différents, tant dans leurs aspects extérieurs que par leurs matériaux, qu’au niveau de leurs interfaces. Les dispositifs de lecture commercialisés au 21e siècle sont eux longtemps restés prisonniers de la forme du livre papier imprimé. La ressemblance entre les tablettes numériques et les tablettes d’argile mésopotamiennes était frappante.
La génération suivante d’appareils à lire, bien adaptée à l’immersion vidéoludique en alliant casques de réalité virtuelle et dispositifs d’imagerie cérébrale s’est avérée trop limitée par rapport aux performances imaginatives innées de la lecture de textes écrits.
Le dispositif eyes-book, qui sera prochainement commercialisé par NeuroSpaceReader, a l’apparence des simples lunettes de réalité augmentée auxquelles nous sommes habitués et dont elles détournent en fait simplement les fonctions principales.
Les verres intègrent ainsi une couche de nano-canons à mots qui projettent le texte à une vitesse croissante directement sur les rétines des lecteurs, tandis que l’interface Augmented Reality que nous connaissons bien reflète le spectre sensible du monde de l’histoire tel qu’il est visualisé naturellement par le lecteur. Ce système permet de cristalliser au fil de la lecture l’imagerie mentale spontanée de la lectrice ou du lecteur et de lui donner en vue subjective l’impression d’être dans la scène qu’il est en train de lire. Le fait de projeter des mots, et non pas des images, permet de ne pas court-circuiter l’imaginaire propre à la personne qui lit le texte projeté.
La commercialisation est attendue pour le mois de juin de cette année, date anniversaire de la naissance d’Elon Musk. Très vite les grands classiques de la littérature du 19e siècle, l’expérience ayant confirmé que ce sont là les romans les plus fertiles en mondes possibles, seront disponibles en téléchargement sur ces lunettes eyes-book en faisant ainsi également de potentielles machines à remonter le temps !

 

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