Source : chronique du Comptoir Prospectiviste inspirée d’un article du site Futurism, « BMW Suddenly Blasts Its Cars’ Internal Screens With Aggressive Advertisements », 2026 — https://futurism.com/advanced-transport/bmw-suddenly-blasts-cars-advertisements
Pendant deux semaines, du 27 juillet au 10 août 2026, sur plus de soixante-dix marchés, les écrans intérieurs des véhicules BMW ont diffusé sans préavis une publicité pour un film, présentée par le constructeur comme une « surprise spéciale ». Le choix des mots mérite qu’on s’y arrête : ce que l’entreprise nomme cadeau, ses clients l’ont reçu comme une intrusion, précisément parce que le canal détourné — celui des mises à jour logicielles à distance — avait été conçu, vendu et accepté pour tout autre chose que la réclame. La bifurcation qui s’y loge n’est pas une rupture technique : rien, dans l’informatique embarquée, n’a changé. C’est un déni d’évidence, au sens propre du terme — l’habillage en générosité d’un geste dont la seule fonction est de monétiser une surface déjà payée par l’acheteur.
L’épisode ne fait que prolonger, jusqu’à son terme le plus visible, une tendance déjà engagée : sièges chauffants ou volants chauffants proposés par abonnement, fonctionnalités matérielles présentes dans le véhicule mais verrouillées jusqu’au paiement d’un supplément récurrent. Ce que l’objet possédait hier comme attribut fixe devient un service que l’on continue de louer après l’achat — et le corps du conducteur, installé dans un habitacle qu’il croyait sien, découvre qu’il occupe en réalité une surface dont un tiers garde la haute main. L’imaginaire orwellien de l’écran qui s’impose sans qu’on l’ait sollicité ne prévoyait sans doute pas qu’on le retrouverait un jour sur le tableau de bord d’une automobile familiale. Sur l’échelle qui situe ces évolutions par degré de maturité plutôt que par échéance chiffrée, l’essentiel du mouvement relève déjà du Programmé : la trajectoire est engagée, ses prochaines étapes prévisibles, et rien n’indique qu’elle s’arrêtera au forfait publicitaire.
Alors, quand le contrat de vente d’un objet garantit-il encore l’usage de cet objet, et non plus seulement sa possession ?





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