Au palais de Justice de Sète, s’ouvre le procès des époux Dupont (les noms ont été changé) que Martin, leur fils de 15 ans, leur intente pour atteinte à la vie privée.

En septembre 2055, Les Dupont surprennent leur fils en plein ébat avec une jeune femme majeure. Conséquence du « coïtus interruptus », la jeune femme rompt avec son amant.

Bien que l’amant soit mineur, la situation, quoique cocasse, reste banale. On est loin du détournement de mineur : la dulcinée est elle-même majeure depuis peu. Reprenons le cours des faits : un soir, les parents du jeune tourtereau, inquiets de ne pas voir leur rejeton rentrer au domicile familial, activent pour la première fois sa balise GPS « Child Path Follower ». Ces balises GPS, qui rassurent des parents anxieux, sont couramment implantées dans un des os de leur enfant enfant, dès son plus jeune âge. La balise contenue dans une capsule en nano matériau, grandit avec son porteur. L’énergie nécessaire au fonctionnement est fournie par induction cellulaire. Cette technologie est dite « dormante ». Tant qu’on n’en n’a pas besoin, la balise reste silencieuse, juste à l’écoute du code d’activation, par soucis de discrétion en cas de kidnapping!

Le procès qui nous intéresse vient du fait que, comme beaucoup de parents, les époux Dupont n’ont jamais averti leur fils qu’il portait en lui une balise de surveillance. Et c’est bien ce silence que le jeune homme reproche à ses parents. « Combien de temps allaient-ils attendre pour l’informer de cette surveillance ? » s’interroge l’avocat de Martin. Il compare la situation à celle de ces parents qui cachent à leur enfant qu’il a été adopté. La découverte de l’adoption provoque souvent un choc. C’est ce même choc que cet avocat veut désormais éviter à d’autres enfants au nom de « la confiance familiale trop souvent bafouée ».

21 mai 2007