Nos karakuri modernes : vivre au quotidien avec nos robots | 23/03/2071

En chronique radio : https://www.youtube.com/watch?v=bsW52U7lWM4&list=PLQR2AH49u76mJh6Ae-Y537rS3vcjjtx3Z&index=2


Le robot autonome, en Occident, a longtemps semblé une réalité lointaine… et ce, même notre 21ème siècle plus que bien entamé !

Les signes objectifs du raz-de-marée robotique étaient sous les yeux des femmes et des hommes qui, aujourd’hui, sont nos grands-parents. Mais le robot anthropomorphe dérangeait étrangement l’esprit occidental. Cette résistance avait, entre autres, pour cause la concurrence qui aurait pu naître, dans le monde du travail, entre les humains et les machines. 

A l’opposé tant géographique que conceptuel, les japonais et le monde asiatique en général, n’ont jamais perçu ce risque. Si on ne considère que le Japon : là-bas, le shintoïsme ne fait pas de distinction entre vivant et inanimé, dans la distribution du kami, notion tant philosophique que spirituelle de la présence des forces vitales dans la nature. 

Ainsi, culturellement, l’inanimé animé a toujours été très bien perçu au Japon : dès le 17ème siècle, les karakuri, des automates très perfectionnés, étaient à la mode dans la culture japonaise de la période Edo. On peut voir en cela un des éléments qui explique comment l’Occident a finalement perdu la guerre économique et commerciale de la robotique…

Et pourtant, le robot avait tout pour trouver sa place dans les entreprises occidentales, ne serait-ce que par le biais de la collaboration, afin de ménager nos sensibilités occidentales. C’est ainsi que, dans le milieu des travaux publics, on vit bien apparaître des outils assistés – dits collaboratifs – qui allégèrent, pour les humains, les tâches les plus lourdes… 


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Dans le même esprit, et pour le plus grand bien de nos concitoyens qui en bénéficièrent, l’antique fauteuil roulant vécu ses dernières années, autour des années 30. En effet, les développements à destination de l’armement trouvèrent, une nouvelle fois, un débouché sur les marchés civils, avec des déclinaisons démilitarisés des exosquelettes conçus pour assister le soldat en terrain hostile. Ne manquaient à ces technologies que les dernières avancées en termes de stockage d’énergie pour être définitivement fonctionnels.

Après cela, en quelques années, ces machines collaboratives, devenues civiles, devinrent les « meilleurs amis » des personnes à mobilités réduite, qu’elles soient handicapées, personnes âgées ou personnes temporairement entravées dans leurs mouvements suite à un accident ou une opération chirurgicale… 

Désormais, ces matériels médicaux, ces exosquelettes civiles savent aussi bien faire marcher un paraplégique que permettre à une personne, peu importe sa corpulence, de passer de la station couchée à la station debout… Des machines qui, au gré des activités du jour, savent se faire fauteuil ou assistants de vie, dans les gestes simples du quotidien comme les plus intimes, ne serait-ce que pour la toilette. Des machines qui redonnent de l’indépendance pour, tout simplement, aller se promener en ville, faire ses courses… 

Mais, hélas, aujourd’hui, trop peu de ces machines sont fabriquées en Europe et en France…


© Olivier Parent
Crédits images : Gerd Altmann de Pixabay

22 mars 2021