Ce que « AU-DELÀ DU MUR » aurait à nous dire sur demain

Olivier Parent 4
Ce que « AU-DELÀ DU MUR » aurait à nous dire sur demain

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Deux ou trois choses que AU-DELÀ DU MUR, le film de Robert Schwentke, aurait à nous dire sur demain… « Dis-moi quel film tu regardes, je te dirais quel avenir tu te prépares » pourrait tout aussi bien dire le prospectiviste…

Une coproduction Le Huffington Post-C’est demain et Futurhebdo

 

Réalisation : Robert Schwentke
Scénario : Veronica Roth
Distribution : Shailene WoodleyTheo JamesAnsel ElgortMiles TellerZoë Kravitz
Durée : 121 minutes
Sortie : 2016

 

La série des films Divergente fait partie de ces histoires dans lesquelles Hollywood prend un malin plaisir à maltraiter les adolescents et les jeunes adultes. Le nouveau film, Au-delà du mur, n’échappe pas à ce constat !

Divergente est surtout l’histoire d’un ordre établit mis à mal par l’adolescent rebel qui sommeille en chacun de nous, c’est l’histoire éternelle de la génération montante opposée à la génération précédente… Cela dit, ce premier volet du final de la série Divergente propose aussi un autre regard sur le monde : la réalité n’est pas toujours celle que l’on croit. Les habitants de Chicago se croyaient seuls survivants d’un monde dévasté. Ils se découvrent sujets d’une expérience, espoir d’une humanité survivante au-delà du mur. Là, David, qui se présente comme le responsable tout puissant de l’expérience de Chicago est finalement, lui aussi, soumis à une autorité supérieure, celle-là, à peine esquissée. A ce rythme, qui sait si l’avenir ne nous révélera pas que Providence est elle-même observée, manipulée par une instance supérieure et extérieure… Une vraie histoire de poupées russes !

En tout cas, à l’intérieur du mur, la société de Divergente ressemble fort à une société de la décroissance : convaincue d’être le dernier bastion d’humanité, cette société de survivants, répartis en castes hermétiques, semble vivre sur un minimum de prélèvements dans l’espace naturel. Et pour cause : leur univers et leurs ressources sont limités par l’enceinte du mur… Lorsqu’ils quittent la scène du théâtre qui a été leur réalité depuis bien des générations, l’équipée d’adolescents et de héros découvre un tout autre monde. Ils y sont, d’ailleurs, accueillis par une phrase lourde de sens – « Bienvenus dans le futur ! » – comme si leur monde était un moyen-âge post apocalyptique…

La rupture entre le monde de Chicago et celui des « Pures » est évidente : armements énergétique (opposées aux armes à projectile utilisées à l’intérieur du mur), tissus actifs (les battledress des soldats changent automatiquement de couleur et de motifs selon l’environnement), véhicules à décollage vertical (ah… le fantasme de la voiture volante !), architecture, médecine génétique, gestion de l’énergie…

D’ailleurs, la principale rupture entre ces deux monde est peut-être bien là, dans cette capacité qu’à développé le monde de David de stocker de grande quantité d’énergie dans de tous petits volumes. Capacité qui frise le pouvoir surnaturel, d’ailleurs. Prenez les drones qui accompagnent les soldats de Providence : globalement de la taille d’un smartphone, ils volent. Soit… Ils peuvent surtout déployer un bouclier énergétique capable d’arrêter des balles. Certains pourront remarquer que ces balles subissent un sort similaire à celles que, dans le film Matrix, Neo maîtrise par la seule force de sa pensée dans le monde « projeté » de la Matrice… Alors, le monde Providence est-il bien la réalité dernière ?

Au-delà de cette question en forme de pied de nez, la vraie interrogation à laquelle nous renvoie ce troisième épisode de la série Divergente est vraiment celle la gestion de l’énergie. ne doit pas nous empêcher de saisir la problématique essentielle à laquelle ce troisième épisode de la série Divergente nous invite à analyser : celle la gestion de l’énergie. Problématique qui, notez-le bien, résonne tout particulièrement dans notre propre monde… Notre monde qui, lui aussi, se trouve sur une frontière, à la croisée des chemins : Il se situe entre le risque grandissant d’une décroissance forcée et l’illusion de sciences capables d’apporter réponse à toutes questions. Ainsi, dans un état d’urgence qui pour notre monde se précise, Divergente nous incite à nous interroger sur les choix qui restent à notre portée pour construire un avenir durable accessible à l’ensemble de l’humanité ?


Au vingtième siècle, Aragon, chanté par Jean Ferrat, a écrit que la femme était l’avenir de l’homme. Divergente, de son côté, semble proclamer que la jeunesse sera l’avenir de l’humanité.

Une fois ce pléonasme énoncé, il n’est pas inutile de chercher, dès à présent, dans notre monde, les prémices de cet avenir qui appartient à la jeunesse, riche de son insolence, cette jeunesse qui trouve des solutions là où l’ingénierie traditionnelle, celle du monde adulte, reste impuissante. Ce sont des jeunes comme Eesha Khare, 18 ans, qui a développé un super-condensateur qui recharge les batteries en 30 secondes au lieu de 30 minutes… Autre exemple avec Jack Andraka, 15 ans, qui a mis au point un test de dépistage des cancers du pancréas, des poumons et des ovaires… Ou bien encore, ces quatre lycéens d’Orléans qui, avec une imprimante 3D, ont créés une prothèse de main robotique et fonctionnelle… Toutes ces innovations pouvant être produites à des coûts de revient dérisoires en comparaison avec ce que l’industrie spécialisée est, à ce jour, capable de fournir !

 

Reste à Triss et à ses acolytes de ne pas se laisser rattraper trop tôt par l’embonpoint de l’âge… Et quand ce sera le cas, qu’ils aient la sagesse de préparer et de laisser la place à la nouvelle génération !

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